Des communistes déchirés aux élections régionales en Bretagne? Mise au point de Denis Kermen, secrétaire départemental PCF de l'Ille-et-Vilaine

DkOuest-France (dans un numéro où il consacrait tout juste un entrefilet à une fête de l'Humanité qui a rassemblé 500 000 personnes...), dans un article sur les Régionales daté du lundi 14 septembre faisait un sous-titre en gras avec "des communistes qui se déchirent pour les Régionales", citant ensuite, sans donner bien sûr la parole aux représentants départementaux des communistes ou à leur candidat élu, des extraits de la lettre des élus "communistes et progressistes" au Conseil Régional écrite par Gérard Lahellec et diligemment envoyée à la presse de manière à donner l'illusion au public que la stratégie communiste des régionales a été construite par un coup de force venu d'on ne sait où, en excluant des directions, des élus, ce qui est complètement faux.

Que les élus régionaux communistes aient du mal à rompre avec la stratégie d'union de la gauche ou de gauche plurielle à laquelle ils doivent leur position, qu'ils veulent à tout prix garder leurs postes, leur prestige, leurs indemnités, qu'ils soient devenus des amis fidèles des socialistes ou qu'ils aient simplement une vue stratégique différente sur l'intérêt de la population et la manière de servir nos idées communistes, cela les regarde, mais là, il semble qu'ils travaillent clairement en service commandé pour Jean-Yves Le Drian et le PS, comme d'ailleurs des élus régionalistes comme Léna Louarn. A défaut de pouvoir ramener beaucoup de voix de sympathisants communistes vers le ministre de la guerre au premier tour, Le Drian les utilise pour semer la confusion chez l'adversaire et chez l'électeur. La presse, Télégramme et Ouest-France confondus, se fait écho avec beaucoup de complaisance à ces manipulations des dirigeants socialistes.

En réalité, les communistes ont fait un choix nettement majoritaire pour initier et s'insérer dans un large rassemblement anti-austérité et anti-libéral au 1er tour des régionales, en rupture avec la politique du gouvernement, et sans exclure les élus régionaux du processus de construction politique (ils ont boycotté eux-mêmes toutes les étapes du débat interne et de la décision démocratique), ils ont fait confiance à 90% à Xavier Compain pour porter cette dynamique unitaire avec le Front de Gauche. Les communistes ne sont pas déchirés, ils ont affirmé leur souveraineté et se rejoignent à 85%-90% sur des objectifs communs et des analyses partagées: on ne peut pas prétendre faire échec à la politique d'austérité et aux politiques libérales du gouvernement en s'associant dès le premier tour avec ses partisans, on ne peut pas continuer à faire comme si on pesait significativement sur les décisions et la politique du conseil régional alors qu'on n'affirme pas assez d'indépendance et de distanciation critique par rapport à la majorité socialiste hégémonique et à ses décisions qui vont dans le sens de l'agenda français et européen du néo-libéralisme.

Voici la mise au point de Denis Kermen, secrétaire départemental PCF de l'Ille-et-Vilaine, le mercredi 16 septembre, relayée dans le Ouest-France le 17 septembre:

 

Éléments d'un entretien, Ouest-France, 16 septembre 2015.

 

Perspective des élections régionales à gauche.

 

Réaction à la Lettre de Gerard Lahellec, dont certains éléments sont repris dans OF du 14 Septembre.

 

1- À propos de la campagne des élections régionales, il est nécessaire de corriger au moins 4 affirmations.

-"l'ambiance délétère au PCF en Bretagne". FAUX. Il y a une construction collective enthousiaste, déjà réalisée, du PCF, du Front de Gauche et des collectifs citoyens; et, en cours, une négociation de programme avec Europe Écologie Les Verts. En face, il y a les nostalgies et les tentations personnelles de certains élus communistes sortant.

-"mise a l'écart des élus sortants". FAUX. Ils ont été depuis le début du processus consultés et invités. Le bilan des élus communistes sortant est très appréciable, par exemple pour les transports. En fait, malheureusement, ce sont les élus eux-mêmes qui ont refusé de participer à toutes les réunions décisives de cette préparation de campagne.

-"refus d'une éventuelle alliance avec le PS au second tour". FAUX. En fait, la décision positive ou négative ne sera prise qu'après le 1er tour.

-"destitutions de directions fédérales". FAUX. Lesquelles ? À quel moment ? Ces allusions relèvent de l'affabulation totale.

 

2-La vérité, chacun la connaît: c'est que des élus sortants ont voulu lier leur sort à l'alliance du premier tour avec le PS. Les communistes bretons on choisi souverainement une autre option, comme partout en France d'ailleurs. Les élus doivent être en situation de pouvoir l'accepter. Dans n'importe quel parti politique, personne ne peut s'affranchir de la souveraineté des adhérents.

 

3-En fait de "mauvaise ambiance", les communistes bretons reviennent de la Fête de l'Humanité remontés à fond.

Xavier Compain, (tête de liste du Front de Gauche en Bretagne avec Sylvie Larue d'Ensemble), était aux côtés de Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) lors du discours final de Dimanche, comme les 12 autres chefs de file des communistes dans les régions. Entouré des quatre secrétaires départementaux du PCF en Bretagne, il s'est adressé aux bénévoles présents sur la Fête.

Il est sur le terrain: par exemple, Jeudi 24 Septembre à Qimperlé, avec Sylvie Larue, il rencontrera les acteurs de la filière agricole et agro-alimentaire (syndicalistes de Doux, Duc... FDSEA, Confédération paysanne...) et des associations ( Eau et rivière de Bretagne, épicerie associative Arzano...) (cf. document)

 

4-Si certains élus régionaux communistes sortants ont déjà choisi de rejoindre la liste socialiste de Jean-Yves Le Drian, qu'ils le disent. Ce sera plus clair, et nous pourrons tous en assumer les conséquences politiques.

Front de Gauche pcf regionales

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