Front de Gauche, quel avenir ? par Jean le Flohic

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  • Le 08/08/2014
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200px-logo-frontdegauche.jpgLe 6 septembre sera une date importante pour l'avenir  et peut-être pour l'existence du F dG.

Comme le dit Lydia Martine Viana  dans une récente déclaration :"Il ne s'agit pas  de relancer le F dG  mais de le repenser en profondeur". Après  un temps d'hésitation quant à sa participation à la réunion du 6,L.M.V. se dit  rassurée par les déclarations faites lors de la réunion préparatoire. Nous sommes très loin de partager son optimisme en observant l'attitude de la direction du P.C., qui participe à des réunions communes  avec le P.S.,EELV, les "frondeurs", pour définir une stratégie commune aux prochaines élections (sénatoriales, régionales,cantonales). La position du P.C.  a été récemment rappelée dans le 22 par la direction fédérale.

Alors, que faire? Reconduire un mode de fonctionnement un peu amélioré  ... ou en finir avec les ambiguités qui conduiront le  FdG à sa perte.

Dans une interview publiée par Politis,  Myriam Martin  suggère de participer à  " des moments forts (conseil national du FdG le 6 septembre et la fête de l'Huma )  pour discuter de l'avenir du mouvement". Nous pensons que les discussions sur l'avenir du mouvement ont montré leur limite. Le problème désormais, c'est le passage à l'acte  de transformation du FdG. Ce passage c'est la mise en cause de l'organisation en cartel  et l'affirmation claire de la finalité du mouvement qui vise la transformation d'un système économique obsolète et ruineux pour l'avenir  de l'humanité.

Les nombreux collectifs de base qui se sont organisés en association  ont ouvert la voie à cette transformation. Nous proposons d'en faire  le recensement et de décider que  la direction du FdG issue de ces collectifs a pour mission essentielle de favoriser leur développement autonome, en cohérence avec les finalités du mouvement. Un effort sans précédent devra être organisé pour multiplier les collectifs de base. Précisons que la fonction des collectifs devrait être une action permanente avec la population pour conquérir des avancées  dans tous les domaines de la vie . Ces actions ne sont pas contradictoires avec la nécessité de conquérir de nouveaux pouvoirs au niveau des institutions.

Les membres des partis politiques adhèrent à l'association sur une base individuelle, à  égalité avec les"non encartés". Quant aux partis politiques , ils  auront la liberté de poursuivre  leurs propres activités  en toute indépendance . Des séquences unitaires sont envisageables  entre partis et mouvement ainsi constitué sur des objectifs  bien identifiés d'opposition à la politique du système.

Nous faisons le pari  que la mutation indispensable de l'organisation sociale impose une  conception nouvelle  de l'activité politique  favorisant l'implication  active  du plus grand nombre  pour construire des avancées et vaincre les résistances qui ne manqueront pas de se manifester l

Jean Le Flohic

Binic le 8 Aout 2014

Vos avis sont les bienvenus.

En complément un texte de Lucien Seve :

Ce texte de  Sève peut nous aider à réussir la transformation du FdG  que nous souhaitons tous.Il a été rédigé en 2008 à une époque oû la mutation du P.C. était posée .On sait ce qu'il en est advenu :une politique de survie de la structure par des moyens contestables s'est imposée face aux velleités novatrices. Le document de Sève reste d'actualité en nous suggérant des  pistes pour construire un nouveau mouvement politique mobilisateur,efficace dans la lutte contre un système économique  obsolète et dévastateur

JLF

Seve 07 11 08seve-07-11-08.pdf

Front de Gauche pcf avenir senatoriales accord avec le PS

Commentaires (5)

Mauduit danièle
  • 1. Mauduit danièle | 31/08/2014
Avenir du Front de Gauche ou/et rassemblement populaire ?

L'avenir du front de gauche est certes une question qui nous interpelle, mais il serait dommage et sans doute dommageable qu'il occupe tout notre débat.
Nous l'avons rejoint en connaissance de cause et nous avons eu des déceptions mais aussi de bons moments de militantisme partagé. La position de ses diverses composantes , longuement exposée est connue. Faut-il le quitter au moment où les luttes s'exacerbent?Malgré son érosion, le Front de Gauche reste un mouvement qui mène la lutte contre le capitalisme :
lutte idéologique : Politis, Huma, Regards... contre le coût du capital, contre le TSCG, contre l'ANI, contre le Pacte de Responsabilité... Pour le respect et le renforcement des droits des salariés, pour l'appropriation sociale, pour le respect de l'environnement et des valeurs humaines, à des degrés divers
luttes des salariés, soutenues par des élus du FDG, relayées par les mêmes journaux...
lutte des parlementaires qui ont rejeté les mesures d'austérité…
Bien sûr, il y a des différences entre les composantes. C'est aussi notre richesse. Sommes nous capables d'accepter les différences et de nous retrouver dans la lutte contre le capitalisme et pour la construction d'alternatives populaires ? Les partis eux-mêmes ne sont pas monolithiques et évoluent.

Faut-il permettre l'adhésion individuelle? A ceux qui le souhaitent , oui. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute. La FASE puis Ensemble ont clairement réaffirmé leur exigence en ce sens. A St Brieuc, Ensemble accepte toutes les participations sans discrimination aucune et le collectif citoyen du F de G a fonctionné sur les bases d'un consensus qui n'a pas toujours abouti. Dans ce cas , la FASE/Ensemble a pu agir en son nom propre, lors de la constitution de la liste AGV...Dans ce collectif citoyen, les non encartés ont apporté un dynamisme remarquable, sans eux la liste AGV n'aurait ni vu le jour, ni connu un tel essor, mais sans la FASE non plus. Nous avons été complémentaires.
Que serait un Front de Gauche composé seulement d'adhérents individuels à côté des partis? Fonctionnerait-il automatiquement de façon plus démocratique? Plus citoyenne? Rien n'est automatique. Si l'on conserve le principe du consensus, il peut y avoir les mêmes blocages.

A la FASE du pays de St Brieuc, nous avons essayé de mettre en pratique nos principes : fonctionnement horizontal, réunions ouvertes, implication dans le collectif citoyen, participation au collectif pour la gratuité, assemblées citoyennes, cahiers de doléances, campagne citoyenne aux municipales... Soulignons aussi ce qui est positif.

L'ennemi est le capitalisme, les multinationales et leurs serviteurs grassement payés. Le combat est la lutte de classes.La perception de la lutte de classes est brouillée, les luttes n'empêchent ni un recul global ni la casse sociale et écologique puisque les entreprises, tirent une part grandissante de leurs profits des activités financières et peuvent par la grâce combinée de la liberté de circulation du capital et la révolution informatique échapper aux conséquences des grèves qui dans la période précédente permettaient des avancées sociales.
Comme le souligne Zarka, cela induit la nécessité de chercher d'autres formes de ripostes: l'appropriation sociale des entreprises. Le redémarrage de la fabrique de meubles Caoupault à Hillion sous forme de SCOP après bien d'autres, montre que cela bouge.
D'autant que les actionnaires ont perdu toute utilité économique, ils sont devenus les "assistés" du système, "aussi utiles qu'un renard dans un poulailler". Les salariés de plus en plus formés, sont aptes à assumer collectivement le pouvoir citoyen dans l'entreprise et dans la cité. Cela ne se fera pas automatiquement, mais il y a urgence. Le capitalisme de plus en plus agressif et mortifère se démasque et le besoin d'alternative, de prendre sa vie en main, de donner du sens à son travail, à ses loisirs, le besoin d'émancipation, se renforcent. Les alternatives se multiplient.

L'environnement est mis en péril et la déshumanisation gagne du terrain. Nombreux sont ceux qui ont cru aux vertus de l'entreprise , à la fin de l'Histoire, (combien de salariés ont acheté des actions de France Télécom ou d'ailleurs? Combien d'entre nous ont cédé aux délices de la société de consommation? Combien achètent sans état d'âme les produits les moins chers dans les hypermarchés? Qui ne se laisse imprégner par la novlangue*? Combien se laissent séduire par les rêves des religions encouragées par ceux qui préfèrent « le choc des civilisations » à la lutte de classes?)
Le capitalisme est un système totalitaire en ce sens qu'il aliène toute la personne , tous les temps et les lieux de vie , du travail et des loisirs, de l'enfance au grand âge, qu'il crée des dépendances si séduisantes! la consommation n'est-elle pas la consolation des difficultés de la vie?

L'alliance ou non avec le PS ne peut être notre seule boussole. Nos actions peuvent contribuer à construire avec les citoyens une alternative aussi séduisante, qui donne envie, parce qu'elle donnera du sens à nos vies, tissera des liens sociaux, placera l'homme et les valeurs humaines au centre de notre projet. Le Front de Gauche est un outil, qu'il convient ni de sacraliser, ni de diaboliser. Il reste aujourd'hui une organisation porteuse d'alternative, malgré toutes ses faiblesses.
Pour construire une alternative avec les citoyens, nous ne partons pas de rien.le PPP (Programme Populaire Partagé) a été diffusé, discuté et peut être amélioré, enrichi.
Il est nécessaire de relancer la dynamique populaire et citoyenne amorcée lors des présidentielles en permettant l'adhésion individuelle au Front de Gauche. Il est important que les actions du Front de Gauche soient décidées collectivement.Le Front de Gauche devrait être un lieu de débats et de réflexion collective à tous les niveaux, en interne et dans des assemblées citoyennes élargies.

A Ensemble,nous pouvons continuer notre action dans le Front de Gauche quand c'est possible et militer aussi dans des rassemblements populaires anti-libéraux et citoyens plus larges. Nous pouvons enrichir notre réflexion de rencontres avec le monde du travail, les habitants des quartiers... De plus en plus nombreuses sont les victimes de la concentration capitaliste et de la recherche du profit à court terme.

Condamner l'austérité ne suffit pas: elle élude la question cruciale des rapports sociaux d'exploitation et de domination,l'aliénation et d'émancipation ; la lutte idéologique doit être sans concession .
Quand le gouvernement multiplie les suppressions /baisses de cotisations sociales, il s'attaque au caractère émancipateur des cotisations. Les cotisations sont un salaire mutualisé, fruit du travail mis en commun qui garantit des droits humains fondamentaux et permet à des pans entiers de notre vie d'échapper au marché et au prélèvement de dividendes! Un progrès humain immense.
Quand le pacte de responsabilité se traduit par une aide de 300 000 € par emploi créé dans la chimie (cf Huma Dimanche juillet 2014) preuve est faite que le capital est alimenté par les fonds publics et que ses pouvoirs et ses prétentions exorbitants sont totalement injustifiés.
Il est possible de démasquer le caractère nuisible du capitalisme et des forces politiques qui le promeuvent, le soutiennent... etc...

Il est possible de développer les actions pour plus de cotisations, moins de dividendes, pour des productions socialement utiles , pour les services publics, pour des gratuités et moins de marchandisation...

Avec AGV a été enclenché un mouvement encourageant à développer :
analyse d'une politique libérale sur le plan local
propositions alternatives locales élaborées avec des citoyens
Lors de la dernière réunion d'AGV a été exprimée la volonté d'élargir l'activité à l'agglo et de poursuivre quelques actions phares comme l'action pour la gratuité des bus, développer les logements dans le centre-ville et limiter l'étalement urbain...
La proposition de lancement d'un journal, celle de suivi de la politique municipale et au niveau de l'agglomération...

Cela nous laisse pas mal de possibilités d'actions pour les semaines et mois à venir . Il serait bien qu'un temps de la réunion de lundi porte sur ces actions.

Danièle

*Quelques exemples de novlangue collectés ici et là en rappel. On peut allonger la liste

"Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots"
Jean jaurès en septembre 1900 au Congrès socialiste international
Informer laisse la place à communiquer, l'objectif étant d'obtenir un consensus en dépolitisant le discours en l'euphémisant au maximum.
exilé fiscal remplace émigré fiscal : c'est ainsi que Arnault, Depardieu sont comparés au vieil Hugo tonnant de son rocher, plutôt qu'aux émigrés de Coblenz fuyant l'abolition des privilèges
les exclus remplacent les exploités dans une société enfin purgée de la lutte de classe: les exclus ne sont pas à la bonne place, on le regrette, mais on n'y peut rien. Les inclus sont tous dans la même galère, partagent le même intérêt: la survie de l'entreprise. : Arnault et l'OS: même combat...
Le conflit devient un dysfonctionnement lié à un manque de communication. Le dysfonctionnement ne met pas en cause le système.
La part socialisée du salaire devient une charge sociale : les Américains se prennent en charge pour leur retraite. Pourquoi ne pas faire de même?
L'employabilité remplace le droit au travail : le chômeur devient responsable de son non emploi, même s'il y a plusieurs millions de chômeurs dans le pays.
l'"assistance" devient l'"assistanat",seulement quand les pauvres en sont bénéficiaires et eux euls doivent faire preuve de leur pauvreté et être responsabilisés... Et les banques qui spéculent? Vous n'y pensez pas?
Les "ayant droit" sont désormais des "assistés".
Le patron qui exploite et qu'il est légitime de combattre est désigné par les termes d'employeur, d'entrepreneur, gens utiles qui donnent du travail et osent prendre des risques;
Le travailleur, l'ouvrier qui produisent et qui sont utiles deviennent des salariés qu'on paie, des employés qui ont la chance d'obtenir un travail rémunéré. le combat syndical est-il encore légitime?
Exploiteurs et exploités deviennent "partenaires sociaux", le "plan social" désigne des licenciements massifs, le "respect de l'environnement" : les normes de pollution compatibles,ex marché des droits à polluer, la "gestion des affaires publiques" : la diminution des budgets sociaux, la "primauté du droit": la liberté du commerce international contre les droits nationaux, la "lutte contre la pauvreté": la suppression des secteurs non rentables.
Le "coeur de métier" justifie les externalisations...Le "trop d'impôts tue l'impôt" formule libérale destinée à limiter l'impôt progressif sur les revenus , mais pas la TVA
Il faut "sauver l'emploi", comme le soldat Rayan, justifie la casse du code du travail. Et les politiques de l'emploi tuent les emplois et massacrent le travail.
L'indignation devient de l'énervement. On passe ainsi d'une réaction saine et citoyenne face à une situation intolérable qu'on peut analyser et dénoncer à la réaction peu élégante d'une personne qui a du mal à contrôler ses nerfs, ce qui la disqualifie et évite de répondre aux arguments avancés.
ETC...
Christophe L
  • 2. Christophe L | 22/08/2014
Aborder l’avenir du front de gauche, c’est, à mon avis, d’abord parler de la crise qui nous touche. Car c’est elle qui nous oblige en quelque sorte au rassemblement.
Cette crise multiforme, c’est la violence de la crise économique et sociale, la profondeur de la crise démocratique, notamment en France ou la Vème république est entrée dans son crépuscule, la gravité de la crise écologique. Or non seulement la politique menée par Hollande et les forces de la gauche sociale libérale ne visent pas à répondre à cette crise multiforme mais surtout en aggrave les effets en poursuivant une politique libérale sur le plan économique et social, en niant la gravité de la crise écologique. Cette politique suscite désarroi, colère et en même temps, paradoxalement peut être, domine l’ apathie globale du mouvement social malgré des résistances diverses hélas trop dispersées, ce qui profite aux droites extrêmes et à l’extrême droite qui menacent alors qu’entre elles et la droite républicaine, les digues construites depuis les années d’après-guerre s’effondrent les unes après les autres.

Dans ce contexte précis, il s’agit encore et toujours de faire front ensemble, de créer une alternative unitaire pour permettre l’émergence d’un bloc social et politique capable d’imposer une alternative de gauche véritable. Rassembler patiemment, rassembler et encore rassembler doit être notre préoccupation première pour aller vers une alternative à la politique actuelle.

Rassembler doit se faire dans deux directions : c’est nécessairement mettre du commun entre des forces politiques qui ont des pratiques et des programmes différents. Et les divergences sont réelles, on a parfois tendance à l’oublier. Elles ne sont pas le fruit des « directions politiques des partis » mais elles traversent « le peuple de gauche » et au-delà la société, par exemple sur la question de la nation, sur la place donnée aux mouvements sociaux, aux échéances électorales, à l’écologie, à l’énergie nucléaire, sur le rôle et la fonction des « partis » politiques. Et écarter ou contourner les partis ne dit rien sur la façon dont on discute et règle les désaccords lorsqu’ils apparaissent. Seulement soit on choisit de cultiver ces divergences, soit on choisit de rassembler sur ce qui est commun et cela demande du travail, du temps alors que le temps nous est globalement compté du fait de la crise évoquée plus haut.
Rassembler c’est aussi et en même temps, à égalité avec les militant-e-s politiques , mettre en mouvement des citoyen-ne-s qui souhaitent s’engager pour une alternative authentiquement à gauche et il faut ici mettre chacun-e en situation de débattre, décider, réaliser et contrôler ce qu’il se dit et se fait en son nom.

Le Front de gauche est en réelle difficulté. Le PCF rejette la politique nationale de Hollande mais s’allie aux élections locales, en particulier en Bretagne mais pas seulement, avec le PS qui soutient cette politique. Cela a entrainé une cacophonie aux élections municipales qui a fortement nui à la crédibilité du front de gauche dans son ensemble. La clarté doit désormais l’emporter : on ne peut s’allier avec des forces qui soutiennent la politique d’austérité. La brièveté de la campagne des Européennes n’a pas permis non plus au Front de gauche de présenter clairement son ambition d’une refondation de l’Europe. Du coup ses propositions ont paru floues dans une campagne marquée par le retour de thèmes nationalistes.

Ensuite le front de gauche souffre d’une trop forte personnalisation de l’expression politique faite de coups d’éclat, en tout cas contraire aux ambitions qu’il affiche (révolution citoyenne, place au peuple, prenez le pouvoir…)
Enfin, le FDG tourne le dos à ces derniers principes évoqués puisque son fonctionnement est celui d’un cartel : il ne s’est pas mis en situation d’accueillir précisément toutes celles et tous ceux ,non encarté-e-s , simples citoyens, qui désiraient s’engager dans la construction d’une véritable alternative de gauche, les condamnant en quelque sorte à n’être que les exécuteurs de décisions prises en dehors d’eux et sur lesquelles ils n’ont aucune prise. Et dans un rassemblement qui est un cartel sans dynamique citoyenne, la tendance des partis est de privilégier leur intérêt propre d’organisation.
Il n’en demeure pas moins que le Front de Gauche possède 2 acquis. Malgré ses limites, il est identifié comme le « mouvement politique » qui incarne, non pas encore une alternative, mais une résistance politique de gauche aux orientations sociales libérales mises en œuvre actuellement. Aucun autre cadre politique n’a été actuellement en capacité d’émerger à une échelle significative. Le Front de gauche a été, il est un 1er pas vers le rassemblement indispensable de toutes celles et de tous ceux qui ne se résignent pas. Il s’est ouvert et a permis en travaillant à égalité avec d’autres forces qu’un vaste rassemblement se constitue pour la manifestation anti-austérité du 12 avril, rassemblement que ses initiateurs veulent désormais enraciner dans le pays.
Bref, si « l’échec du Front de gauche tient à lui-même », « toute volonté ou tentative de faire éclater le FdG serait suicidaire, non seulement pour ceux qui se lanceraient dans cette aventure, mais aussi pour tout processus de transformation sociale dans ce pays. » comme l’a écrit un militant d’Ensemble. (source : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-khalfa/270514/l-echec-du-front-de-gauche-tient-lui-meme

)

C’est pourquoi il faut refonder le Front de gauche, lui donner un nouveau départ comme le réclament les signataires de la pétition lancée en juin dernier et qu’on peut encore largement signer(

http://www.nouveau-depart-fdg.org/

). Il doit d’abord se transformer en permettant les adhésions individuelles et en faisant des assemblées citoyennes, des structures de bases vivantes d’un mouvement ainsi refondé qui doit fonctionner du « bas » vers le « haut » et non pas l’inverse comme cela se produit actuellement. Cette transformation est essentielle. Sur cette question, le Front de gauche joue sa crédibilité.
Mais le front de l’alternative doit s’élargir encore à toutes les forces politiques, syndicales, associatives qui s’opposent à la politique gouvernementale. Elles sont porteuses de projets, de pratiques qui doivent se confronter afin de permettre qu’une alternative s’élabore et irrigue le pays. Ignorer ces forces dès lors que l’objectif est commun serait tourner le dos au rassemblement nécessaire alors qu’est en passe de se former un pôle plus large regroupant celles et ceux qui, dans les mouvements sociaux, à EE-LV, au PS, au NPA, à Nouvelle Donne, chez les féministes présentes de façon autonome aux Européennes ,veulent construire une alternative sociale et écologiste.
Georges Samson
  • 3. Georges Samson | 19/08/2014
Bonsoir à tous

Je pense qu'il y a confusion de la part de certains copains d'Ensemble22 (ou ex fase22) sur les raisons qui ont motivé Jean à nous faire parvenir ce texte.
Pour moi, son texte visait a ouvrir le débat sur l'avenir du FdG.
D'après ce que j'en ai compris, pour en avoir parlé à plusieurs reprises avec lui, il ne s'agissait pas d'amender son texte pour arriver à une expression commune pour le 6 septembre, mais de donner son point- de vue sur le devenir (ou pas) du FdG, et de connaître les points de vue des individus composant Ensemble sur le 22.
Soit on continue comme depuis le début, en pensant que l'on pourra changer ce cartel de partis, dont Ensemble à l'air de se satisfaire d'en être le 3ème, soit on permet vraiment aux individus de s'exprimer, sans prédominance des partis (n'importe lesquels).
je pense aussi que ce n'est pas avec ce type d'organisation que nous parviendrons à rendre crédible nos proposition pour vraiment changer la vie des gens.

Amicalement

Georges
Christine A.
  • 4. Christine A. | 19/08/2014
Je souscris amplement au texte de Jean et comme lui je suis inquiète de la tournure que va prendre le FdG et de la situation politique si une refondation nécessaire ne se faisait pas.. Voici avec mes mots ce que j'ai sur le cœur en ce moment.
Je pense que le FdG ne doit être constitué que d' adhésions individuelles afin que symboliquement tout le monde soit au même niveau afin de renforcer l'aspect collectif ; libre ensuite aux membres encartés dans des "composantes organisées" de se rencontrer entre eux et de porter - individuellement - via le FdG le résultat de leurs analyses et propositions. Je pense qu'il faut arrêter avec les notions quelque peu discriminatoire entre membres individuels et membres (un peu plus éclairés) d'organisation, tout le monde doit se mélanger pour apporter sa contribution.
Une adhésion individuelle est aussi un engagement plus fort.
Cela éviterait aussi par exemple que un ou deux membres du PC puissent se permettre de bloquer un collectif FdG ; pour peser, le PC serait obligé d'inciter ses militants - que l'on ne voit pas et dont on ne sait pas quel est leur niveau d'information ... - à participer, ce qui nous permettrait d'échanger avec eux.
Certes les membres d'organisations (politiques) apportent des compétences, des expériences... mais des membres individuels (ce qui ne veux pas vraiment dire grand chose car ils peuvent aussi être membres d'assos humanitaires ou autres) ont sûrement, des idées, des pratiques, des approches... différents et complémentaires, qui ne peuvent qu' aider le FdG à progresser (on l'a vu par exemple avec quelques indignés rencontrés à Saint-Brieuc qui ont su s'intégrer dans une campagne municipale, des membres de l'AFPS 22...
A court terme ce dispositif pourrait permettre de dissoudre Ensemble.
Pour ma part si le FdG continuait sur la voie d'un agglomérat d'organisations, même avec l'ouverture aux adhésions individuelles, ceci ne me conviendrait pas.
Si Ensemble allait dans ce sens, il en va de même.
Je dis cela en sérénité, car j'y ai rencontré des personnes pour lesquelles j'ai beaucoup d'estime mais je ne compte pas continuer dans cette voie dévoreuse d'énergie et de temps avec continuellement des rapports de force, des questions de stratégie... Je n'ai plus la force et à mon avis, il n'y a plus de temps à perdre. Ce sera avec tristesse que j'essaierai d'apporter ma contribution ailleurs.
Ps : pour que les choses avancent j'ai (et d'autres que moi, ont) accepté certaines décisions du CAN de la Fase. Pour moi la Fase n'a toujours été qu'un outil appelé à se fondre dans quelque chose de plus large, dans Ensemble dans un premier temps, pour équilibrer le FdG, mais finalement (on perd beaucoup de temps et la situation s'aggrave en France) je pense que la solution c'est un FdG avec toutes les forces vraiment à gauche. Je sais qu'on a un problème avec le PC (et le PG dans une autre mesure) mais il faut qu'on arrive à passer outre (assez de temps perdu à attendre le PC) et à ce qu'il ne soit constitué que d' adhésions individuelles, quel qu’en soient leurs origines (oui je me répète).
Il faudrait aussi que le FdG fonctionne en groupes locaux ou collectifs de base qui déterminent localement leurs actions et pas en système pyramidal comme les partis.
Personnellement j'ai parfois du mal à m'y retrouver donc à pouvoir communiquer avec mon entourage à ce sujet, comment les citoyens que nous voulons toucher et convaincre peuvent-ils s'y retrouver et nous rejoindre ?
Georges Samson
  • 5. Georges Samson | 08/08/2014
Tout à fait d'accord avec Jean sur la nécessaire clarification du rassemblement que nous voulons construire. L'indépendance avec la gauche libérale (quelqu'en soit le nom, dès lors qu'ils soutiennent une politique qui broie les plus faibles et favorise le Medef) doit en être le fil conducteur. Critiquer le gouvernement d'un coté -comme le fait le PC - et s'allier avec eux pour sauver des postes aux élections d'un autre ne fait que brouiler les cartes d'un électorat déjà déboussolé par le système politique actuel.
C'est sur cette clarté que nous pourrons rassembler largement.
Alors oui je crois aussi que la question n'est pas une relance de façade du FdG, ou nous nous retrouverons exactement les mêmes ambiguïtés que celle des dernières municipales ou régionales, ou le résultat (électoral et humain) ne serait qu'un nouvel échec.
ENSEMBLE, notre nouveau rassemblement, ne doit pas se retrouver de fait comme le troisième parti du cartel, mais comme le propose Jean un mouvement qui pourra permettre au sein d'un Front de Gauche différent (ou d'un autre nom), l'expression et la représentativité citoyenne.
Il ne s'agit pas d'exclure les partis politiques et leurs adhérents, mais de cesser de les considérer comme essentiels et de les ménager en passant l'éponge sur leur agissements de boutique.
Trop souvent nous avons cru à leur mutation, refondation et pseudo remise en question. A chaque fois la déception a été grande.

Sans prise en compte de ces réalités, et même si nos propositions sont bonnes, notre rassemblement restera marginal et ne permettra pas le changement de société auquel nous aspirons.

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