Le suicide de Gwénaël Le Goffic salarié de l’entreprise Nutréa-Triskalia était un accident du travail

SolidairesLe Tribunal des Affaires de Sécurité Sociales de St Brieuc reconnait  que le suicide de Gwénaël Le Goffic salarié de l’entreprise Nutréa-Triskalia était un accident du travail

Le 21 mars 2014 Gwénaël Le Goffic chauffeur-livreur d’aliment pour bétail de l’entreprise Nutréa-Trikalia de Plouisy mettait fin à ses jours sur son lieu de travail. Immédiatement la Direction a cherché à se dédouaner de toute responsabilité dans cet acte alors même que ce salarié avait déjà été victime d’un accident du travail le 2 janvier 2014 et intoxiqué en chargeant des « Big Bag » d’aliments médicamenteux destinés aux porcelets. Cette intoxication  avait provoqué une réaction allergique aiguë, de brûlures au visage et aux yeux,  entrainant par la suite une importante dégradation de sa santé et un état permanent de fatigue extrême.                              

Dans un communiqué en date 27 mars 2014 l’Union syndicale Solidaires rappelait que ce suicide s’était déroulé dans un contexte sanitaire particulièrement inquiétant au sein d’une l’entreprise qui depuis quelques temps accumulait les accidents du travail liés à l’utilisation massive de produits phytosanitaires et qu’à cette date quatre autres salariés, (Laurent Guillou, Stéphane Rouxel, Claude Le Guyader et Pascal Brigant) tous atteints de maladies très invalidantes, l’hyper sensibilité aux produits chimiques multiples (M.C.S) et licenciés, avaient déjà entamé plusieurs procédures  judicaires contre Nutréa-Triskalia (Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (Tass), Tribunal des Prud’hommes, Tribunal de Grande Instance au pénal) Solidaires rappelait également, que de l’aveu même de l’entreprise, près de la moitié des salariés du site de Plouisy faisaient l’objet d’un suivi médical par la MSA.

Six mois plus tard, le 11 septembre 2014 le Tass de Saint Brieuc condamnera une première fois Nutréa-Triskalia pour faute inexcusable de l’employeur après l’intoxication de deux de ses salariés, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel.

C’est dans ce contexte et après le refus de la Mutualité Sociale Agricole d’Armorique de prendre en charge l’accident au motif que pour elle «l’accident de Gwénaël Le Goffic n’était pas imputable au travail » que le 12 décembre 2014 sa veuve,  Madame Edith Le Goffic défendue par Maître François Lafforgue saisissait le TASS.

L’audience du Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Saint Brieuc s’est tenue le 4 juin 2015 en présence d’une centaine de personnes venues soutenir Edith Le Goffic à l’appel du Comité de soutien aux autres phyto-victimes de l’entreprise Nutréa-Triskalia.

Dans son jugement rendu ce 3 septembre 2015, le Tribunal des Affaires de sécurité Sociale  de Saint Brieuc reconnaît que la mort de Gwénaël Le Goffic constitue  un accident du travail au sens de l’article L 411-1 du Code de la sécurité sociale.
Si ce nouveau jugement positif du Tass de Saint Brieuc est un désaveu pour la MSA d’Armorique il est avant tout un soulagement pour la veuve de Gwénaël et sa famille qui se sont battus avec courage et détermination pour que la vérité éclate et que justice soit rendue. C’est aussi un formidable encouragement pour toutes les autres victimes des pesticides qui ont d’autres procédures en cours et qui attendent réparation.

L’Union Régionale Solidaires de Bretagne se félicite également de cette décision du TASS et  tient à remercier tous ceux celles qui les ont défendus et soutenus Madame Edith Le Goffic,  aux premiers rangs desquels  son avocat Maître François Lafforgue,  le Comité de soutien aux phyto-victimes de Nutréa-Triskalia et tous les Collectifs Citoyens qui se sont créés récemment dans plusieurs villes de Bretagne.    

Article Ouest France

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