L’Urgence de la Sécurité Sociale de l’Alimentation !

 

Qui porte ce projet?

 

La SSA est portée par des organisations suivantes : Ingénieurs sans frontières Agrista, Réseau Salariat, Réseau Civam, la Confédération paysanne, le Collectif Démocratie Alimentaire, l'Ardeur, l'Ufal, Mutuale, l'Atelier Paysan. + VRAC . D'autres organisations contribuent aux travaux et réflexions : le Miramap, les Amis de la Confédération paysanne, le Secours Catholique.

Le projet figure dans les revendications du collectif « Plus jamais ça ! »

 

La SSA , comment ça fonctionne?

 

150€ versés chaque mois à touTEs les habitant.e.s quel que soit leur revenu pour acheter de la nourriture choisie en connaissance de cause à des producteurs ou vendeurs conventionnés en fonction de critères définis collectivement. Ces critères doivent assurer le respect des travailleurs de l’agriculture, des industries agro-alimentaires, de la distribution et le respect de l’environnement.

Le financement est assuré par des cotisations sociales et les objectifs sont : rendre effectif le droit à l’alimentation - assurer le développement de l’agriculture paysanne écologique essentielle pour garder la planète habitable – assurer à ceux qui nous nourrissent de bonnes conditions de travail et de rémunération – permettre à l’ensemble de la population d’élaborer la demande alimentaire et de décider comment est produite cette alimentation.

 

Mesure globale, la SSA vise à répondre de façon conjointe et simultanée au droit à l'alimentation, aux droits des producteurs et au droit de l'environnement. Elle est un des leviers pour une transformation du système de l’alimentation — incluant production agricole, transformation, distribution, consommation — vers une démocratie de l’alimentation.

 

A quelles urgences répond La SSA?

 

A une urgence sociale :

la SSA rend effectif le droit à l’alimentation, souvent proclamé, dans un pays riche qui compte un nombre croissant de milliardaires et de pauvres, où 8 millions de personnes sont contraintes à l’aide alimentaire et 26 millions ne peuvent manger ce qu’elles souhaitent.

Elle met les habitants ensemble et sur un pied d’égalité! Finies les démarches stimatisantes exigées de celles qui doivent justifier de leur pauvreté et se contenter de ce dont les autres ne veulent pas, ou des excédents défiscalisés. Terminée l’impression des contribuables de payer pour les autres. Effacé le seuil entre les ayant droit et ceux qui, à peine au-dessus du seuil, sont exclus. Elle en finit avec la dualité alimentaire.

Elle réduit les inégalités par les cotisations sociales.

Elle reconnaît les droits de ceux qui nous nourrissent du champ à l’assiette, si utiles et si exploité.e.s dans les champs, l’agro-alimentaire et la grande distribution.

Elle réaffirme le droit du travail.

 

A une urgence sanitaire :

la SSA est une alternative au système agro-industriel, qui a fait de la recherche des petits prix et des gros profits sa priorité et qui fournit une nourriture trop grasse, trop sucrée, trop salée, contenant trop d’additifs chimiques, de résidus de pesticides, de perturbateurs endocriniens et contribue à de gros problèmes de santé : obésité, diabète de type 2, cancers, maladies dégénératives…

L’agriculture industrielle, en particulier l’élevage hors sol, est un accélérateur de pandémies (zoonoses liées à la déforestation et à la baisse de la biodiversité) quand l’agriculture paysanne nourrit les ¾ de la population mondiale sur le quart des terres cultivées.

Les conditions de travail imposées à ceux qui nous nourrissent génèrent surmenage, Troubles Musculo Squelettiques, nombreux dans les Industries Agro Alimentaires, cancers (travailleurs de Triskalia – Paul François), souffrances pouvant aller jusqu’au suicide. En 2015 selon la MSA en France, 372 paysans se sont duicidés

Le conventionnement, appuyé sur le respect des droits sociaux et environnementaux est un puissant levier de politique de santé publique.

 

A une urgence écologique :

l’agriculture industrielle contribue grandement à la pollution et à l’émission de gaz à effets de serre. Sa consommation croissante d’énergie pour les engrais azotés, les pesticides, le matériel de plus en plus puissant et connecté, la part des intrants importés et le choix d’exporter sa production sont à l’opposé des exigences de la transition écologique.

Agriculture archisubventionnée, ses exportations vers les pays pauvres ruinent les agricultures vivrières (Afrique). Ses importations contribuent à la déforestation, aux monocultures qui chassent les paysans de leurs terres.

En proposant une agriculture liée au territoire, biologique, dans des fermes aux productions plus variées et plus résistantes, demandant peu ou pas d’intrants, moins d’eau, moins d’énergie privilégiant les circuits de proximité, une technologie sobre, les paysans bio offrent une alternative pour régénérer les écosystèmes abîmés, limiter la pollution, séquestrer le carbone, renforcer la biodiversité et fournir une alimentation saine. Les 120 milliards réinjectés dans cette agriculture paysanne et écologique, ses structures de transformation et de distribution vont lui donner les moyens de son développement.

 

A une urgence démocratique :

le financement de la SSA, 120 milliards par an, par des cotisations sociales prélevées sur la valeur ajoutée de l’économie, réduira la part des dividendes et les inégalités de revenus.

Le conventionnement repose sur des caisses primaires, gérées démocratiquement au niveau local et articulées avec une instance nationale composée de membres représentants de ces caisses.

Les choix alimentaires ne seront plus dictés par le marché, l’U.E. ou le ministère de l’agriculture influencés par les lobbies, mais définis par des consommateurs informés.

La SSA a choisi la démocratie comme base de son fonctionnement pour que l’ensemble de la population puisse élaborer la demande alimentaire et décider du système de l’alimentation.

 

Danièle Mauduit, le 6 février 2022

Sécurité Sociale de l'Alimentation

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