Une réponse citoyenne au bilan de notre député Michel Lesage (PS)

  • Par georges-s
  • Le 19/07/2016
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2016 07 19 11 45 42Monsieur le Député,
Que vous vous donniez la peine de nous éclairer sur vos prises de positions, a retenu mon attention et  je vous réponds franchement.
Fils d'ouvrier, vous avez choisi de vous mettre au service de vos concitoyens "écouter ses concitoyens, se saisir des dossiers de sa circonscription et les défendre afin qu'ils aboutissent" Ainsi lorsque des citoyens vous ont demandé d'organiser un débat public avant de vous prononcer sur le vote visant à faire, à la demande de Madame Parisot, de l'ANI 2013 (accord national interprofessionnel élaboré sur la base d'un projet du MEDEF) une loi, vous avez mis en place un atelier dit citoyen, le 25 avril 2013 après le vote de la loi,
dite de sécurisation de l'emploi, atelier organisé comme un cours magistral et malheur à celui qui posait de mauvaises questions, forcément de "mauvaise foi", une expression aussi utilisée p23 qui dispense d'analyser les arguments qui dérangent! Sans mettre en cause votre implication, votre bonne foi ni votre dévouement  M. Le député, il est indispensable, de rappeler, au-delà des déclarations d'intentions, les faits et les choix politiques de votre famille politique qui participe  largement au pouvoir depuis 1981. En 2012 les socialistes détenaient la majorité des élus aux plans national, régional, départemental.p22"je ne souhaite pas opposer travailleurs et entrepreneurs". Certes. Mais vous décernez à priori un diplôme de bonne conduite aux patrons des PME censés investir leurs profits. Nous ne nions pas le rôle économique des PME. Mais, elles sont soumises à une imposition supérieure à celle des grandes entreprises (grâce aux lois votées par qui?), à la loi des grands groupes si elles sont sous-traitantes, à celle des banques, à la concurrence  faussée par tous les dumpings permis par les accords commerciaux en tous genres , aux bas prix imposés par les marchés publics, et cela oblige leurs patrons à resserrer les coûts de production pour être "compétitives". Le travail est alors la variable d'ajustement la plus utilisée. L'ANI renforce les rapports de subordination (affaiblissement du rôle du juge, réduction des délais de contestation.) que vous taisez: le CDI est affaibli: les accords d'entreprises sont renforcés (accord de maintien de l'emploi- accord de mobilité interne...). Evidemment ce que nous contestons, ce ne sont pas les négociations d'entreprise, mais l'inversion de la hiérarchie des normes et l'abolition du principe de faveur qui contraignait les accords d'entreprise à être plus favorables aux salariés que les accords de branches, eux-mêmes plus favorables que la loi.  
P23 Ces choix sont justifiés par "Nous sommes confrontés au défi du chômage et de la mondialisation débridée..." Certes, mais c'est oublier que les socialistes ont été et sont les moteurs de la mondialisation libérale qui  instaure la concurrence entre les hommes et les pays de la planète casse les services publics, le droit du travail, la réglementation écologique,fragilise la démocratie: ils ne l'ont pas subie, cette mondialisation, ils l'ont promue! Pour ne donner que quelques exemples:
Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1994 et Pascal Lamy, son directeur de cabinet ont élaboré par exemple, la directive de 1988 sur la libéralisation des mouvements de capitaux à l'intérieur de l'Europe et  le traité de Maastricht voté en 1992 qui a rendu obligatoire l'extension de cette libéralisation aux mouvements de capitaux avec les Etats tiers, n'appartenant pas à la communauté européenne... Pascal Lamy, devenu président de l'OMC a mis en oeuvre ses idées: "l'ouverture des marchés et la réduction des obstacles au commerce ont été, restent et resteront essentielles".Ainsi furent renforcés le pouvoir de multinationales déterritorialisées et la mise en concurrence des salariés.
Plus récemment, après son élection, François Hollande s'est rendu auprès de M. Obama et lui a demandé de hâter le processus conduisant à la signature du TAFTA. Vous-même avez justifié et voté le TSCG qui subordonne le progrès social à la réduction d'une dette en grande partie illégitime et de déficits induits par la politique de l'offre, sous le contrôle de Bruxelles.
 
P17, Vous présentez comme une avancée contenue dans l'ANI le fait que "la complémentaire santé est désormais prise en charge à 50% pour tous les salariés du privé " . Cette mesure dont on commence à évaluer la portée se révèle comme affaiblissant la sécurité sociale. Elle ouvre des parts de marché aux assurances complémentaires. Les prestations garanties par l'assurance choisie par les directions d'entreprise sont souvent inférieures à celles que les salariés avaient souscrites auparavant. Apparaît alors un marché de surcomplémentaires, qui fragilise et segmente un peu plus la solidarité construite par le programme du CNR. Le pseudo trou de la sécu alimenté par les exemptions de cotisations patronales, les maladies professionnelles mal reconnues, les pollutions et les profits infondés des laboratoires pharmaceutiques pourrait être bouché par des mesures moins clémentes vis-à-vis des abus patronaux.
 
P6 Vous soulignez votre fierté d'être impliqué dans le travail législatif  sur la transition énergétique, la biodiversité , dans l'organisation de la COP21. Dont acte. Mais avez-vous mesuré localement l'impact d'un habitat très dispersé sur les terres agricoles de votre commune? Des grandes surfaces commerciales bétonnées qui ont certes permis à  votre commune de bénéficier de recettes fiscales exceptionnelles, à quel prix?  Des déplacements contraints plus longs, des importations facilitées de produits bon marché concurrençant les productions et les emplois locaux et venant de pays où les sociétés peuvent pratiquer sans entraves dumping social, environnemental... N'est-ce pas une aberration de recevoir chez nous des tomates de pays qui manquent d'eau et pratiquent une agriculture irriguée? Ou des produits d'élevage si bon marché que nos producteurs sont asphyxiés et à leur tour, pris dans la spirale productiviste, importent par le Légué des intrants de pays lointains que pourrait produire localement une agriculture paysanne respectueuse de notre environnement et créatrice d'emplois?
Que dire alors de choix de grands travaux inutiles comme l'aéroport de NDDL ou la Bretagne LGV en partenariat public-privé? Et à l'échelle nationale, du projet délirant d'Auchan qui veut sacrifier 80 ha de terres fertiles où pourrait être développée une agriculture maraîchère aux portes de Paris?
Que dire des choix de la production d'armes non mentionnés mais bien réels, qui conduisent nos dirigeants dans des alliances avec les alliés d'un terrorisme qu'ils sont censés combattre?
Voter des lois écologiques, c'est bien, prendre des mesures en cohérence avec ces lois est indispensable pour lutter contre le réchauffement climatique et réenchanter le politique.
 
Vous vous étonnez de la résistance populaire soulevée par la loi travail. Imposée par un double   49-3. Vous n'avez pas été élu pour ça! Elle n'était pas inscrite dans le programme de M. Hollande. Vous écrivez p 18 "Même si c'est dur pour la jeunesse, et je le reconnais, c'est pour elle que nous agissons" Quand pourra-t-elle décider des affaires qui la concernent? Depuis combien d'années votre génération s'accroche au pouvoir?
 "Moins de dettes, c'est un fardeau en moins pour les générations futures" Mais nous savons le rôle joué par cette dette, en partie illégitime, dans la "stratégie du choc" pour faire passer en force le néolibéralisme et sa dérive financière. Enfin, moins de solidarité, moins de services publics, moins de démocratie, un droit du travail détruit, plus de concurrence, de spéculation, d'inégalités, de précarité, de pollution, de répression, la ploutocratie plutôt que la démocratie... c'est quoi pour les générations futures?
 
 Ce texte ne prend pas  au sérieux les arguments qui s'éloignent de la pensée unique des adeptes du libéralisme. Rien sur les paradis fiscaux, rien sur le trading à haute fréquence, sur la tritisation, sur le coût du capital, de la concurrence au-dessus de l'intérêt général, de la spéculation, de l'évasion fiscale, du pouvoir des actionnaires...La seule variable d'ajustement sur laquelle vous semblez agir au nom de la compétitivité est le travail que que vous traitez comme un coût à réduire. L'urgence sociale, écologique et démocratique nécessite une volonté politique plus audacieuse, capable d'impulser une vraie rupture avec le diktat des grands groupes et de leurs  relais politiques et médiatiques, ceux-là même qui imposent, à la manière d'un rouleau compresseur, leurs normes, leur police, leur arrogance, leurs gaspillages, leurs profits, leur violence... 
 
Non, Monsieur Lesage, je vous le dis comme je le pense, vous ne m'avez pas convaincue. Que des hommes qui s'affirment de gauche mènent une politique de droite désespère et exaspère ceux qui ont  placé leur confiance en eux.  
 
Danièle Mauduit, citoyenne. Monsieur le Député,
 

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